Comment fonctionne le harcèlement scolaire ?

Quels sont les acteurs du harcèlement ?

Le harcèlement est un phénomène de groupe qui réunit plusieurs acteurs : la victime, son agresseur et les suiveurs ou spectateurs. Ces derniers ne sont pas à l’origine de l’intimidation mais n’agissent pas pour venir en aide à la victime. Ils ont tendance à rire, à encourager ou même parfois à participer aux moqueries. Ils assistent aux violences qu’elles soient verbales ou physiques et n’osent rien dire, de peur de représailles. En étant en groupe, la responsabilité de chacun est diluée ce qui leur permet de penser qu’ils ne sont pas les seuls à ne rien dire.

La victime quand à elle n’est pas choisie au hasard, en général elle est attaquée parce qu’elle est différente : pour son physique, ses origines etc … N’importe qui peut être visé car TOUT peut servir de prétexte. Plus on s’éloigne du statut social le plus commun plus les risques de persécution augmentent selon René Girard, anthropologue et philosophe français.Les  victimes  de  harcèlement  sont  souvent  incapables  de  se  défendre  face  à  un agresseur plus puissant, en force ou en nombre.

Nombreux peuvent être les motifs qui poussent un harceleur à s’en prendre à quelqu’un. Pour  dépasser  un  sentiment  de  faiblesse,  masquer  une  image  de  soi  fragile, ou dissimuler une vulnérabilité, les harceleurs s’affirment par la force et l’agressivité afin d’affirmer leur désir de puissance et d’assurance.Leur méchanceté envers un camarade de classe fait rire la galerie, il devient une attraction. Il attire l’attention des autres, curieux de savoir ce qui se passe et comment cela va se finir.

Le harceleur est encouragé et un groupe se forme alors autour de lui

Pour briser le cercle du harcèlement scolaire

Une préoccupation partagée

On pourrait s’attendre à ce que l’école met en place des situations d’intimidation pour protéger les élèves. Selon Jean-Pierre Bellon et Marie Quartier, connaître ces informations permettraient de mieux maîtriser le cadre et de ne pas perdre pied lorsqu’il faut y faire face. C’est aussi un moyen de représenter un soutien émotionnellement solide pour l’élève touché

En effet dans ce genre de cas, l’intervention des adultes est capital ! Les enfants doivent être encadrés par des personnes aussi attentives et fermes que bienveillantes.Certains adultes ferment les yeux sur la souffrance de l’enfant harcelé ou pire, estiment que c’est lui le problème ! Que c’est de sa faute s’il subit ces injustices ! Que ça lui fera du bien, que ça permettra lui de s’endurcir… On appelle cela du “victim blaming”.

Les adultes pourraient chercher à faire partager sa préoccupation aux autres membres du groupe. Le but étant de conduire tous ceux qui participent au harcèlement (quel que soit le degré d’implication) à partager une inquiétude pour celui qui en est la cible.

Une relation d’alliance avec la victime

C’est une relation qui repose sur une écoute empathique, non jugeante dont le but est de valoriser l’enfant intimidé, de renforcer sa confiance en lui-même.L’adulte ne cherche pas à diriger la victime vers un autre comportement, ne l’incite pas et ne donne donc pas de conseil à l’enfant.

Ce type de relation vise à valoriser l’élève, dans un soutien bienveillant et efficace qui lui permettra de se libérer du cercle vicieux de la souffranceet et l’aider à sortir de la solitude et de la peur.

Source : Les blessures de l’école – Harcèlement, chahut, sexting : prévenir et traiter les situations de Jean-Pierre Bellon et Marie Quartier (ESF éditions).